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100. ("Paris Sous Les Bombes", 1995)
Remplacez la Seine St Denis par Washington. Ouvrez-y une fenêtre derrière laquelle DJ Clyde fait tourner un sample des Crusaders. Enfin, donnez à Kool Shen et Joey Starr des rôles de seconds couteaux, façon "Funky Guns". Vous réaliserez alors que sortie de la bande FM hexagonale, "La Fièvre" a une sérieuse touche avec les livres de Pelecanos.





99. ("Art de Rue", 2001)
"J'vais là où la vie me mène, là où mes pieds me traînent". Les phrases les plus simples sont parfois les plus marquantes. Lancés par Pone sur quelques notes planantes samplées sur le "I won't hold you back" de Toto, les quatre MC's de la FF naviguent à vue et multiplient les formules lucides. A la fois terre-à-terre et immatures.





98. ("L'Homicide Volontaire", 1995)
Morceau clé de "L'Homicide Volontaire", quelque peu éclipsé par "Shoota Babylone", "L'Odyssée Suit Son Cours" constitue la porte d'accès à l'univers obscur et complexe dans lequel baignait Assassin au milieu des années 1990. A noter le featuring d'un rookie d'alors, Ekoué, et une version clipée qui a marqué les esprits.





97. ("L'Amour Est Mort", 2001)
Pépiement, tonnerre, corbeaux, pluie… et ce soupir hilare. "Même le ciel faillit pleurer puis il resta gris. C’était en pleine semaine, y avait quelques copains, deux ou trois oiseaux…" Du fond d’un album prétendument maudit, Oxmo et Dany Dan ironisent sur la versatilité de leurs contemporains, la désarmant par l’extrême.






96. ("Lentement Mais Sûrement", 1995)
"Je suis le genre de mec qui n’attire pas ton attention, un type qui passe comme une lettre à la poste...". Fabe et Dany Dan ensemble sur un morceau, effectivement ça passe comme une lettre à la poste. Mais qu’on n’essaie pas de nous faire croire que ça n’attire pas l’attention.



95. ("Suprême NTM", 1998)
Véritable déflagration sonore, "Seine Saint-Denis-Style" tatoue au fer rouge le n° d'un département. Erigé au rang d'anthem, le titre dépassera ses "Fonky Tacchini" pour s'apparenter à un mouvement de foule à lui tout seul.





94. ("L'Homicide Volontaire", 1995)
Après l'apocalypse introductive de "L'Homicide volontaire", il fallait plus qu'un simple rappeur pour shooter Babylone. Alors, sous la sorcellerie organique de Doctor L, Rockin' Squat est devenu autre chose. Un griot français, jamaïcain et spatial. Mi-Predator, mi-mégaphone. Le héros cyber-punk du rap français. Premier et dernier de son espèce.






93. ("Ceux Qui Savent M'Écoutent", 2001)
Avant de s’imposer comme une place forte du hardcore hexagonal post-2000, le duo Tandem avait marqué les esprits avec "Ceux qui le savent m’écoutent". Un EP porté par un morceau phare: "Les Maux". Production minimaliste centrée sur une boucle de piano et une pluie de mots pour une série de portraits imagés d’une époque où le sombre côtoie la lumière.





92. ("Les Jaloux / Freaky Flow", 1994)
"Just The Two Of Us" de Grover Washington Jr. et Bill Withers, revisité par Daddy Lord C et adapté au Paname des années 1990. C'est moins romantique que l'original, mais beaucoup plus percutant. Un morceau phare et historique du rap français, symbole du début d'une période dorée.





91. ("Métèque et Mat", 1995)
Rêve ou réalité ? Pendant tout son deuxième couplet, Akhenaton semble au bord des larmes. On l'entend presque les ravaler au moment de poser la phrase "Tu as quitté mon royaume sans prévenir". En plein cœur de l'un de ses plus beaux titres. Peut-être au moment où naît, dans sa tête, le déprimé "Sol Invictus".






90. ("La Voie du Peuple", 1995)
Parmi les personnages crapuleux dessinés dans le rap, peu ont la courtoisie glaçante et l'érudition perverse de Mikey Moss dans "Le Crime" : chez ce gentleman à chapeau melon, zigouiller est d'abord un plaisir d'esthète. Idée géniale de Jimmy Jay à la production : une mélodie guillerette qui transforme le meurtre en jeu d'enfant.





89. ("Ouest Side", 2006)
B2O avait déjà voulu sampler "Mistral Gagnant" en 2002. Quatre ans et deux disques d'or plus tard, il peut se l'offrir et en profite pour livrer l'une de ses rares introspections. S'y télescopent cicatrices de l'enfance, flashs d'esclavage, éternel amour maternel et ambition XXL. Magistral puzzle de mots et de pensées pour un rappeur qu'on risque probablement de recroiser dans ce classement.





88. ("Sad Hill", 1997)
Aigri, déçu, mélancolique et revanchard : pas de doute, Akhenaton est en pleine forme ! Chapeau au ras des sourcils, les yeux malgré tout plissés à cause du soleil, il gratte ce texte sur un bout de feuille froissée. Avant de le conclure, il rajoute une dédicace grimaçante : "Pour ceux qui m'ont tenu la main – et ceux qui l'ont lâchée", avant de se raviser. Remerciez sa rancœur, elle a traversé huit siècles. "Pousse au milieu des cactus, ma rancoeur" vu par AKHENATON : "Ce morceau a été écrit à New York à l’été 1996. Il devait au départ s’appeler "Best friends become strangers", en référence à la phrase de Nas sur 'The message', et figurer dans "L’école du micro d’argent".





87. ("Première Classe", 1999)
Mystik, ses dribbles et ses rimes en "n-té" ; Pit qui se pavane avant de dévaler l’ubac de sa carrière ; Rohff et ses fameux prurits à l’approche du Marais ; les Neg’Marrons qui neg’marronnent et annoncent déjà le vainqueur du futur clash Jacky-Lord Ko 2001… C’était pas toujours la grande classe. Mais c’était l’bon temps.




86. ("Paris Sous Les Bombes", 1995)
"Paris Sous Les Bombes" où Kool Shen, Joey Re-Sta dans une croisade nostalgique autour des nuits passées à défoncer les trains et métros parisiens. Montées d'adrénalines, esquives de la flicaille, équipées toutes foncedées, le morceau puise dans les souvenirs tout en faisant office de caution graffiti. "Real Hip-Hop ?!".






85. ("Éternel Recommencement", 2005)
Une boucle de piano piochée dans la discographie de Michel Sardou, un rappeur qui a tout à prouver, près de six minutes de rap sans pause ni refrain et un paquet de punchlines bien senties : on aimerait qu'"Éternel Recommencement" ne s'arrête jamais. Et surtout que Youssoupha soit toujours aussi percutant, lui à qui l'on peut tout pardonner lorsqu'il est dans une telle forme (y compris de se tromper sur les origines du Président).






84. ("La Haine", 1995)
Ce qui a fait de "La Haine" une compilation d'exception, c'est que chaque groupe avait un angle d'attaque bien à lui pour illustrer sa vision du film. En ouverture des hostilités, Stomy choisit de cracher l'adrénaline démoniaque d'un lascar plongé dans une nuit d'émeute. Interprétation survoltée du Show Lapin mais étrangement, les syndicats de police ont moyennement apprécié la performance.






83. ("Street Minimum", 2006)
"Next big thing" au début des années 2000, le premier album de Nakk n'est toujours pas sorti dix ans plus tard. "Chanson Triste" résume non seulement le style du MC, caractérisé par des assonances à foison et des punchlines à répétition, mais aussi sa carrière, faite à la fois d'espoirs entretenus par des morceaux sortis au compte-goutte et promesses non tenues.






82. ("3 x plus efficace", 1996)
Les 2 Bal et les 2 Neg' convient Rocca, Monsieur R et les Rootsneg sur un instru lourd et sans fioritures. Pas besoin de trop d'artifices d'ailleurs, l'énergie débordante de l'équipe suffisant à faire de "Labyrinthe" un morceau inoubliable. Le refrain, aux allures de mise en garde, frappe fort et reste dans les esprits, même 15 petites années plus tard. Un posse-cut mythique pour un album qui l'est tout autant.






81. ("Taxi", 1998)
Akhenaton est dingue. Ouvrir la BO du léger "Taxi" par un morceau aussi sombre était autant un sublime contre-pied qu'un risque de suicide commercial. À 23 ans, déjà blasé par la vie, Sako balance deux longs couplets "puant le chien" et la déprime. Solitude, absence d'espoir(s), mélancolie, pessimisme, foi vacillante : tout "Mille et un fantômes" est déjà là, tapi dans l'ombre.